RDV avec FX Balléry, pour la sortie de la chauffeuse Heidi et pour notre première collaboration. Diplômé du Royal College of Art, FX a mené différents projets tout au long de sa carrière, tous plus différents les uns que les autres. Aujourd’hui, il est à la tête de la marque de luminaire Arpel Lighting et travaille avec des designers comme Thierry D’Istria. Originaire du Jura, il aime raconter des histoires avec ses créations et il a accepté de nous en raconter quelques-unes ci-dessous. 

Comment avez-vous l’habitude de vous présenter quand vous rencontrez quelqu’un pour la première fois ?

 

FX.B : Tout dépend de la situation, soit les gens me connaissent déjà, dans le cas d’une rencontre professionnelle on connaît déjà un peu son interlocuteur donc les parcours ne sont pas tellement à expliquer, ça peut être une chance parce que finalement le travail parle pour nous.

 

Mais si vraiment on part de zéro et que je dois me présenter : Je suis FX Balléry, François-Xavier normalement mais j’utilise toujours FX dans le monde professionnel, ça m’est resté de mes études. Je suis designer produit, j’aime toucher à tout dans le design, je n’aime surtout pas être mis dans une case de spécialiste de quoi que ce soit, ce qui m’intéresse, c’est surtout de pouvoir rencontrer de nouveaux challenges.

 

Je ne me considère franchement pas comme un artiste qui part d’une page blanche, je préfère parler de savoir-faire, partir d’une problématique qui pourrait nourrir une inspiration et après trouver quelque chose à dire autour de ça. Je suis quelque part un raconteur d’histoires qui se matérialisent par des objets.

 

Quelle a été votre première création ?

 

FX.B : La toute première ce n’était sûrement pas en tant que professionnel puisque cette passion pour le design je la tiens depuis que je suis tout gamin.  Au début, j’avais envie d’être designer automobile donc mes premières créations, c’était ça, j’achetais des voitures en modèle réduit, j’enlevais les carrosseries et je les refaisais en pâte à modeler.

 

 

Et la dernière en date ?

 

FX.B : Il y en a qui sont en cours et qui devraient sortir prochainement. Des objets pour des marques chinoises : un diffuseur de parfum à bâtonnets pour une marque qui s’appelle NoMe et il y a un lit aussi qui est en cours pour Sleemon.

 

Après, j’ai la chance de travailler avec Thierry D’Istria qui travaille aussi beaucoup avec SOCA et là, on vient de terminer de nouveaux projets d’hôtels.

 

C’est varié et c’est ce que j’aime, ça va du petit objet, au mobilier un peu plus gros, à l’architecture d’intérieur. C’est une vraie chance en tant que designer de pouvoir traiter sur ces différentes échelles.

Quelle est la pièce que vous avez designé qui vous a le plus marqué ?

 

FX.B : Il y a un objet qui est assez important dans ma carrière et dans mon histoire personnelle, j’avais participé à un concours à l’école pour le comité Colbert (rassemble toutes les marques de luxes françaises). J’avais dessiné un petit sac pour Chanel dans une vision du luxe qui était assez technologique et pas très bling-bling.

 

J’avais remporté ce concours en 1999 et ce petit sac, qui n’a finalement jamais vu le jour, m’a quand même permis d’avoir beaucoup de presses, beaucoup de contacts et de débuter ma carrière professionnelle dans l’univers de la parfumerie notamment avec Issey Miyake. Ce projet-là est assez important pour toute l’histoire et l’élan qu’il a donné à ma carrière, ça m’a permis de me lancer en indépendant et d’avoir des connexions avec le monde professionnel.

Quel produit avez-vous préféré développer ?

 

FX.B : Honnêtement le développement avec SOCA était hyper bien car ça s’est passé tout seul, grâce à des équipes compétentes, qui savent tout de suite ce qu’elles veulent faire et savent où aller. Je ne suis pas habitué à faire du mobilier du coup la fluidité et la bienveillance avec laquelle ça s’est passé, c’était très chouette.

 

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier ?

 

FX.B : J’aime bien la partie séduction, où on doit, par des idées, arriver avec des histoires différentes et puis ressentir chez l’interlocuteur une surprise, quelque chose d’assez inattendu.

Comment définiriez-vous votre style ?

 

FX.B : Je ne sais pas si j’en ai un mais dans l’ensemble j’aime un certain minimalisme mais pas pauvre non plus, une certaine efficacité. Je suis quelqu’un d’assez cartésien donc j’aime aller à l’essentiel.

 

Ça se ressent dans ma marque de luminaire Arpel Lighting dans les premiers modèles, on travaillait essentiellement autour de la LED, aujourd’hui, on se permet un peu plus de rondeurs et de décoratif même si l’ADN de la marque reste minimaliste. J’aime quand on peut faire beaucoup d’effet avec peu de matière.

 

 

Quel est votre processus de création ?

 

FX.B : La méthodologie est souvent la même : je vais chercher une inspiration soit technique, soit une histoire à raconter ou une image. Je vais me nourrir d’éléments divers et variés.

 

J’aime faire reposer un peu le projet, prendre le temps de digérer ce que j’ai dessiné et ne pas laisser au temps le devoir de faire les choix : le design, c’est beaucoup de choix et beaucoup de renoncements.

 

Dans l’absolu, il n’y a pas de mauvaises réponses dans le design, il y en a des multiples, il faut juste trouver la sienne et celle qui nous semble la plus cohérente pour le client.

 

Donc j’essaye de me nourrir un maximum, de synthétiser tout ça et puis d’offrir ce qui me semble le mieux.

Quelles sont vos inspirations ?

 

FX.B : Alors ça va de la pièce artistique à des choses beaucoup plus simples : un matériau, une image ou même un souvenir d’enfance !

 

Par exemple pour la chauffeuse Heidi, c’est un projet que j’ai commencé il y a 20 ans au Royal College of art à Londres. J’avais fait une série d’objets à partir d’éléments recyclés. Le dossier de Heidi vient de là, à l’origine, ce sont deux bouts de palettes assemblés, je trouve que ça donnait un peu d’esthétique à ce matériau pauvre.

 

Sur ce projet l’inspiration était sur la matière, la capacité de récupération et ensuite sur une technique d’assemblage bois.

 

Par l’intermédiaire de Thierry D’Istria j’ai eu l’occasion de développer une petite chauffeuse pour nos projets avec SOCA et j’ai tout de suite eu l’envie de ressortir ça des cartons, pas dans une idée fainéante de recyclage, mais plus pour exploiter ce projet jusqu’au bout parce que pour moi, il a une histoire.

 

Au Royal College of Art, c’était un peu difficile pour moi d’arriver à produire des choses parce que c’est un endroit ultra compétitif et donc de refaire vivre ça 20 ans après j’étais content comme tout.

 

En plus avec SOCA qui, quand j’ai commencé mes études de design, était déjà éditeur c’est une superbe aventure. Ça coche toutes les cases : design, savoir-faire et émotionnel.

Pourquoi ce nom ?

 

FX.B : Du coup ça remonte au Royal College of Art où la fin des études était un peu dure et j’avais besoin d’un grand bol d’air frais.

 

En plus de ce rapport aux matériaux pauvres, il y avait une forte inspiration au Jura, mon département d’origine. J’y voyais un peu de mobilier de montagne dans le côté un rustique des matériaux peu travaillés et dans l’assemblage honnête et direct.

 

A l’époque, j’avais présenté ses pièces devant un grand poster avec un paysage alpin un peu kitch des années 1970.

 

Et le nom Heidi parce que quand j’étais petit, il y avait ce dessin animé, avec la petite qui courrait partout dans les montagnes. Donc, voilà, c’était un grand besoin d’oxygène à ce moment-là et ça s’est retrouvé en clin d’œil dans le nom.

 

Quelle est votre définition du design ?

 

FX.B : La manière la plus simpliste de le définir serait de réussir à raconter des histoires. Mais c’est forcément beaucoup plus que ça. Ce que j’aime, c’est le défi que ça peut proposer et je pense que la finalité n’est pas forcément matérielle.

 

Le design, c’est une manière de comprendre ce qui nous entoure, de le synthétiser et éventuellement de le réorganiser ou de trouver des réponses. Ça peut se retrouver à la fois dans un objet, mais ça pourrait aussi se retrouver dans une organisation ou dans des relations humaines.

 

Ce que j’aime beaucoup aussi dans le design, c’est l’intuition, c’est pour ça que j’ai souvent du mal à expliquer tout ça, j’aime beaucoup le côté intuitif des choses.

 

 

Quels sont les champs que vous n’avez pas exploré et qui vous attirent du point de vue du design ?

 

FX.B : Le design social peut être intéressant à faire évoluer. Quand on voit l’application qu’on met dans l’hôtellerie, il y a sûrement d’autres univers ou nos compétences pourrait être intéressantes : dans l’organisation, dans la décoration et même dans le bien-être que les gens peuvent ressentir dans un lieu qu’on dessine.  

 

Je suis très content d’être éditeur aussi pouvoir dessiner, produire et distribuer, c’est un joli challenge. C’est également un beau clin d’œil à mon histoire familiale, car mes parents et toute ma famille étaient commerçants. Donc, pour l’instant, je n’ai pas d’envies particulières, je voudrais approfondir tout ce que je fais déjà, ça serait déjà pas mal.

Le portrait de FX Balléry

Découvrez le designer FX Balléry à travers son portrait chinois et une série de questions pour mieux le connaitre !

Vous avez un projet en tête ?

Contactez-nous